GO à Cargèse – Eté 1978

1978 – Cargèse

Récit de Jacques Bacconnier 

Mi-janvier 78, je m’ennuie dans un bureau et je désire changer de vie. Je vois dans le journal que des recruteurs du club sont à Lyon pour l’animation. Le poste des lumières m’interpelle car j’avais fait partie d’un groupe qui faisait des « Light shows » en Live sur les groupes musicos underground locaux au début des 70ths.
La personne qui recevait les postulants super sympa, savait mettre les gens à l’aise, garde mon cv et m’envoie auprès d’une autre personne qui me donne une feuille de papier me disant que c’était un petit test à remplir. Je vais m’asseoir, regarde le test et horreur, malheur c’était un test sur l’ilictriciti, et pour moi ça se résumait à j’appuie sur le bouton et la lumière fuse. Au bout de 30 secondes, je rends la feuille en m’excusant du léger malentendu. 
Je repasse voir la personne à l’accueil qui était mdr et qui me dit que le club recrute aussi pour les bureaux, ce à quoi je lui réponds que ça ne m’intéressait pas, pour moi le club c’était terminé sans avoir commencé.
Un mois passe et je reçois une lettre signé d’un certain Rémi Demarty me convoquant à un entretien à l’anpe de Lyon, pour un job éventuel dans les bureaux. Après avoir beaucoup hésité, je me présentais au rdv et Rémi fût assez convaincant pour m’envoyer à Cargèse comme caissier.

Donc, j’arrive au village de Cargèse en Corse, et découvre le Club. Ma première impression, qui confirme ce que j’avais déjà ressenti lors de mes premiers contacts est que l’on est tout de suite accepté et intégré dans l’équipe. Le tutoiement y fait beaucoup mais aussi la manière de se comporter avec les nouveaux GO par les anciens en les aidant, les rassurant, les intégrant sans qu’il n’y ait une quelconque forme de bizutage me met tout de suite à l’aise.
Il faut dire que le chef de village est Stanley Gorsse, qui est adoré par tout le monde, bien aidé par Martine Martini, son adjointe. 
A la gestion Christine Schutz et contrôleur de gestion qui était venu au début et en milieu de saison un certain Marcel Penvern, le meilleurs copain de Stanley, je crois qu’ils ne se sont pas dit un seul mot durant sa visite au village.

Au niveau boulot, et là je vais me mettre à dos tous les GO caisse qui passaient des nuits blanches à passer les OD, pour moi, c’était super cool et j’arrivai à prendre 1 ou 2 jours de congé par semaine !!! Pourquoi ? car j’ai été le premier (avec Evelyne Hazac qui était resp caisse, je n’étais que aide caissier) à pouvoir utiliser la fameuse NCR ! C’était sa première mise en place à Cargèse et à Smir.

Le village n’avait pas fonctionné l’été 77 pour cause de plastiquage par les habitants de l’île de beauté, la caisse avait été complètement réhabilitée. Vitres pare-balles, seulement 2 petites ouvertures en guise de guichets, alarme en cas d’intrusion, et même un frigo à l’intérieur avec boisson et nourriture bref de quoi soutenir un siège! Et j’avais même dans le coffre les armes des 4 CRS qui étaient incognito dans le village, prêts à intervenir au moindre problème. Heureusement aucun souci de sécurité durant la saison, à part une bagarre générale le 14 juillet entre le personnel du club yougoslave et les corses mais c’était pour le folklore bien évidemment.
Stanley avait dû recevoir des instructions de la direction du club afin de maintenir de bonnes relations avec la population locale donc il avait organisé deux « manifs » en début et en fin de saison où les GO ont défilés en paréos dans les rues du village de Cargèse pour remercier la population se son hospitalité (sic) ! 

En plus Loïc Meyrieux le chef des sports qui était un personnage adorable qui aurait dû passer CDV organise un match de foot entre l’équipe de Cargèse et l’équipe du club composé de GO et PS yougoslave. J’en fais partie et si dans la vie je suis le plus gentil des garçons, sur un terrain de foot je suis une teigne et déteste perdre ! A la mi-temps il y a toujours 0-0 et Loïc me prend à part et me dit texto : « Tu sais, si on perd, ça n’est pas grave du tout » Il m’a bien fallu 5 minutes pour comprendre le message caché !!! Finalement on a perdu 1-0 sans être ridicule et tout le monde était content (sauf moi) !!

 

Petit à petit je m’initie à la vie de GO : participation aux spectacles L’homme de la Mancha et Rock’n Roll GO et ma timidité qui disparaît, on ne dira jamais assez que le fait de monter sur scène contribue grandement à la confiance en soi, on est tout surpris de réaliser que  » moi aussi je peux le faire ».

J’admire le talent des personnages que sont Stanley, son sketch « le souffleur » me fait mourir de rire, son personnage de chef de bande dans Rock n’roll m’épate. Faïd le régisseur qui joue Don Quichotte et Martine Martini qui est Dulcinéa dans l’homme de la Mancha font chavirer les spectateurs ! Un animateur arrive en cours de saison et fait un tabac avec son sketch Johnny Walker ! Ben Bousnina mais il repartira aussi avant la fin de la saison caché dans une voiture, son intégrité physique étant menacé, car il avait eu l’outrecuidance de défendre le Disc-Jockey qui se faisait agresser verbalement par les locaux si il ne passait pas les disques qu’ils lui demandaient.
Je découvre les fameux buffets à midi et le repas servi à table le soir, avec une petite anecdote gentillette : il arrivait souvent que le plat d’entrée soit une poêlée de crevettes, c’était pour moi un met de fête et comme tout le monde je les mangeais avec les doigts … sauf que après, bonjour l’odeur ! donc j’ai appris à me servir du couteau et de la fourchette pour les décortiquer !!! Merci le Club.
C’était l’année du fameux poster des vedettes de l’été 78 avec la photo des chefs de village. Il avait été placardé à l’intérieur du bâtiment abritant la caisse donc que j’avais pratiquement tout le temps sous les yeux. Mon grand copain Dao qui avait déjà 7 ou 8 ans d’expérience du Club s’amusait à m’expliquer qui était bien, qui l’était un peu moins et certains carrément à éviter, ne me demandez pas les noms, je ne m’en souviens absolument pas ! 
La pleine saison arrive (début juillet à fin août) Stanley fait une réunion GO et j’apprends un mot qui va me poursuivre pratiquement tout au long de ma carrière au Club : LE SURBOOK !!!!!
Je partageai jusque-là un bungalow GM avec le GO bridge mais il va falloir le libérer…. Pas assez de logement GO dans le village c’est soit 3, 4, voire 5 GO par bungalow ou alors logement sous la tente que le club va louer mais en single. Bien évidemment je choisis la tente qui était très spacieuse, on utilisait les sanitaires communs et pour la douche j’allais la prendre au bungalow des filles de la coiffure.
J’étais très copains avec les filles GO pour une raison très simple : je n’en ai dragué aucune !!!! En fait j’avais ma copine à Lyon, j’étais parti pour une seule saison avec son accord et ne voulais pas me créer des problèmes.
La fin de saison approche j’étais content de cette expérience, et je me préparais à reprendre ma vie lyonnaise, quand la gestionnaire vient me voir et me dit: Rémy vient d’appeler il te propose de partir aux Boucaniers en Martinique cet hiver comme responsable caisse ……

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