GO Les Boucaniers – Hiver 1973/74

Hiver 1973/74 – Les Boucaniers

Récit de Didier Jung. 

Cdv Bernard Pollak.

Automne 1973, Je suis rendu à la vie civile après mon service militaire en Allemagne. Rentré à Paris, je me précipite à la Bourse…J’ai beaucoup réfléchi à mon avenir et je pense que j’ai encore le temps de voyager avant de passer aux choses sérieuses (ça c’est une expression de mon père qui ne croit pas du tout à un avenir au Club !). Jacques Delavier : « Ah Didier ! Ta valise est prête, tu peux partir après-demain ? ». Et je suis affecté aux Boucaniers comme aide-gestion, responsable du personnel (à l’époque on disait PS et pas GE).

Comment refuser les Antilles, et en plus il y a du ski nautique…La valise est prête, remplie par ma collection de paréos, direction Orly, vol Air France Paris – Fort de France, mon père fait la gueule, je suis sur un petit nuage ! Le 747 décolle et au bout de 10 minutes, annonce du commandant de bord, on fait demi-tour suite à un problème technique ! On va tourner en rond pendant une heure, le temps de vidanger les réservoirs, on atterrit entourés de voitures de pompiers, le train d’atterrissage ne rentrait pas !

Était-ce un avertissement prémonitoire de la saison qui m’attendait ? En tout cas je vais en baver…Le village est magnifique, un peu plus spartiate que maintenant, les couleurs pastel des bâtiments sont une vraie réussite. Je suis accueillie par Suzanne, gestionnaire anglaise adorable et par mon amie Coco Brochen, pieds nus à la Caisse, ravie de sa traversée de l’Atlantique sur l’Ermelinda ! Je prends possession de mon bureau que je ne vais guère quitter pendant 6 mois ! Le Chef de village, Bernard Pollak, est un grand musicien, et toute la vie du village tournera autour de la musique et de l’animation, les sports et l’administration n’étant pas trop son truc !

A cette époque, tout le travail comptable et administratif se faisait à la main, de la Caisse au Planning en passant par la gestion. Idem pour le personnel, les chefs de service avec des feuilles de présence tenues à la main, le responsable du Personnel se débrouillant à la fin du mois pour établir la paie… Les martiniquais sont très gentils, particulièrement les « doudous » qui s’occupent du ménage, mais il a fallu qu’on s’apprivoise mutuellement avant que la confiance s’installe. Tous les matins ils sont très nombreux à m’attendre au bureau pour remplir les attestations diverses, les papiers de la sécu, les allocations familiales (le nombre d’enfants à l’arbre de Noël du personnel approchera les 700 !). A la fin du mois la paie s’effectue en espèces dans des enveloppes et pour moi c’est un cauchemar mensuel ! Pas de ski nautique, pas d’animation, peu de contact avec l’équipe GO, mais je l’ai voulu, je m’accroche…

A la fin de l’année, le syndicat CGT martiniquais déclenche une grève dure pour l’augmentation des salaires, piquets de grèves à l’entrée du village, gendarmerie appelée, tous les GO sont réquisitionnés pour les services, pour ma part je suis affecté au restaurant comme serveur. Cela va durer quelques jours, le temps des négociations menées par la direction venue de Paris. Tous les GO ont joué le jeu et malgré la fatigue on a bien rigolé…

La majorité des GM étaient des américains et des canadiens, ils restaient une semaine, et un charter (Boeing 747) faisait les allers retours New-York – Fort de France avec ses 450 passagers quittant l’hiver nord-américain pour trouver le soleil.
Le planning était un casse-tête car le village se vidait et se remplissait en une journée toutes les semaines. Pour faciliter les choses, un GO planning assisté de deux autres GO partaient à New-York en fin de semaine sur un vol régulier et revenaient avec le charter 2 jours après. Le planning était fait dans l’avion par les 3 GO pendant le vol, les GM arrivant au village avec le nom de leur chambre. Les GO qui partaient à New-York tournaient dans l’équipe et mon tour arriva – j’allais découvrir l’Amérique ! Ce fut une des rares fois où je quittais le village, mais quel souvenir ! Départ de la Martinique où il fait 30°, arrivée à New-York où il fait 0°, découverte de la ville, du haut de l’Empire state building. Je n’imagine pas que 10 ans plus tard je travaillerai pour le Club dans cette même ville !

Une autre anecdote me fait bien rire maintenant. Je rêve de retourner à Sveti-Marko comme GO et j’apprends que la liste des Chefs de village pour l’été 74 est sortie. A Sveti est prévu Stanley Gorsse qui est à Fort Royal. On m’accorde 2 jours de congés (les premiers et derniers) et je vais à Fort Royal voir Stanley pour qu’il m’emmène avec lui à Sveti-Marko. Il ne s’en souvient surement pas, il a été très évasif dans sa réponse, très gentil dans son accueil et j’ai découvert ce beau village – mais pour Sveti ce fut raté !!

La fin de saison approche, l’équipe des bureaux se réunit aux « Filets bleus », langouste à gogo et Ti Punch…Le chef de village prévu pour l’été 74, Bob Kalinski, arrive et m’apprend qu’il est prévu que je reste l’été à mon poste – ce qui est confirmé par un coup de téléphone à Paris de ma gestionnaire ! Là j’ai pété un câble, je prends le premier avion et rentre à Paris. Je pense qu’étant encore saisonnier ma carrière au Club est terminée…

 

1 Comment

  1. Bonjour,
    Nous avons fait cette saison ensemble alors….On m’appelait BERU, j’étais à l’Orchestre le soir et d’ailleurs toute la journée….J’ai le souvenir d’une saison folle, plein de musique partout…C’est vrai que la grève a été un moment de rapprochement entre GO que je n’oublierai jamais….

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