GM à Ipsos Corfou – Eté 1969

1969 – Ipsos Corfou

Récit de Didier Jung. 

L’hiver 1969 avance doucement et les copains s’appellent au téléphone (fixe, pas encore de portable, je n’ose même pas imaginer les réseaux sociaux !), où va-t-on l’été prochain ? Dans quel village ? Il n’est même pas question pour cette génération de GM de partir en vacances ailleurs qu’au Club (c’était Méditerranée à l’époque, pas Club Med, moi je n’ai jamais aimé ce style américain de couper les noms, d’un autre coté on ne m’a pas demandé mon avis !).

Pour moi toujours le ski nautique en priorité, pourquoi ne pas retourner à Corfou ? Les copains sont d’accord, maman a ses amis, on va s’inscrire – plus besoin de faire la queue rue de la Bourse, ouah quel progrès ! On avait une carte de membre, avec de petites étiquettes de couleurs et l’année marquée dessus, la préhistoire quoi…Bonne surprise, j’ai dû gagner au loto, j’ai un compte créditeur ! On m’explique que suite à mon accident de ski de Santa Giulia, l’assurance Club a remboursé une partie de mon séjour ! Merci Gilbert (Trigano pas Héron). Grâce à cela je peux m’inscrire pour un mois, le paternel fera moins la gueule, s’il est parti de la maison, c’est toujours lui qui paie !

Début juillet 1969, arrivée à Corfou avec le même accueil superbe, bateaux de ski, ponton avec les GO et les GM mais cette fois-ci sans tahitiens. A la barre La Duchesse, ce n’est pas Didy Blitz mais dans un autre style on sent que cela fonctionne ! Les cases ont l’air plutôt rénovées mais on se perdra toujours la nuit même si l’éclairage a été amélioré.
Deux événements marqueront mon séjour et mes dernières vacances au Club comme GM. Naturellement je me suis dirigé tout de suite vers le ponton de ski perfectionnement où je vais passer une grande partie de ces vacances. Artoff est toujours aux commandes, Youpie sa femme toujours aussi gentille, ils ne se souviennent pas du minot de 1962, mais qu’importe, ils ont besoin de quelques GM pour renforcer les GO ski pour les accueils et les shows hebdomadaires. Et me voilà avec un drapeau accroché à mes skis à faire les accueils à 3 derrière un bateau, à tourner autour des caïques pour les arrivées. C’est très long, très fatigant et je commence à regretter d’avoir pointé mon nez…Comme je suis grand, costaud et pas trop mauvais skieur, Artoff me demande de faire le pilier extérieur de la pyramide à 6, trois skieurs portent deux personnes sur leurs épaules qui porte eux-mêmes le sixième avec le drapeau du Club ! Entrainement sur le sec d’abord pour la montée sur les épaules, puis entrainement sur l’eau avec de beaux bouillons et une cascade de chutes ! Le 6e chargé du 2e étage et portant le drapeau du Club est le propre fils d’Artoff et Youpie, âgé je crois d’une douzaine d’année (je ne me souviens plus de son nom ni de son âge). On n’arrivera jamais à garder très longtemps le 6e sur nos épaules et on finira souvent à 5 (voir photo). Mais quelle fierté pour moi, ce qui accentue mon envie de devenir GO.

21 juillet 1969, c’est la fête nationale belge, la bière coule à flot (le bar était encore payant…la chasse aux colliers bar était le sport national des Ados…), on se couche tard. Vers 2 ou 3 H du matin, je ne sais plus, retentit la musique : « Debout les gars réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup, debout les gars réveillez-vous, on va au bout du monde… » La chanson d’Hugues Aufray était le signal, diffusé par les hauts parleurs du village, d’un événement ou éventuellement d’une alerte incendie ! On était prévenu cette nuit-là de l’évènement en question, on se lève, on courre sur le terrain de volley, et on assiste sur un poste de TV en noir et blanc à l’alunissage d’Apollo XI et aux premiers pas de l’homme sur la Lune ! C’était au Club et nulle part ailleurs…car la même retransmission a eu lieu dans tous les villages si mes renseignements sont exacts.

Ici s’arrêtent mes aventures de GM…Un an avant de faire mon service militaire (j’étais sursitaire jusqu’à la fin de mes études), je me présente place de la Bourse fin 1971 et part comme caissier à Marrakech rejoindre la formidable équipe GO de Pierre-Jean Laplace. Mais ceci est une autre histoire…

 

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