GM à Santa Giulia – Eté 1968

1968 – Santa Giulia

Récit de Didier Jung. 

 

1968, quelle année ! Mis à part les événements du mois de Mai où en tant qu’étudiant je suis partie prenante et en même temps victime puisque les examens sont repoussés au mois de septembre, c’est l’année de mes 20 ans et c’est le moment que choisissent mes parents pour déménager et officialiser leur séparation…Comme si je n’étais pas au courant, ils me prennent pour une truffe !

En plus je regarde à la télé les jeux olympiques de Grenoble au fond de mon lit à cause d’une mononucléose, soi-disant la maladie des amoureux (transmission par la salive)…Tu parles !
Pourquoi choisir Santa Giulia pour l’été 68 ? Je ne sais plus, peut-être parce que nous allons retrouver Gilbert Héron ? Ou parce qu’après la tempête de Mai on préfère rester en France ? Honnêtement je ne m’en souviens pas. 

Juillet 1968, avion jusqu’à Figari (je crois) puis transfert sur Santa Giulia où le village du Club est implanté sur une des plus belles plages de Corse. Le village est grand, l’équipe GO importante, il y a même un mini-club ce qui dans mes souvenirs doit être relativement nouveau et toujours des cases ! Il me semble me souvenir qu’il y avait aussi des « camarguaises », murs en dur et toit de paille.

Je suis seul avec ma mère, mon copain a choisi de sortir du placard et ça se passe mal avec ses parents…Heureusement nous allons nous faire des amis formidables et cela se passe le 14 juillet.

Depuis le début de mes récits, je n’ai pas encore parlé du 14 juillet au Club. C’était pour les GM « Evènement » du mois de juillet, et surement pour les GO (j’y ai goutté plus tard) la journée la plus fatigante ! Qui n’a pas participé à la prise de la Bastille avec les bagarres de sacs de farine, le défilé avec la fanfare du village, les décorations en bleu, blanc, rouge partout et le bon repas avec en général la traditionnelle langouste…Les shows de ski, les cabanes de jeux divers et le soir spectacle et feu d’artifice ! En tout cas pour le GM que j’étais à l’époque, ce sont des souvenirs incroyables.
Donc le 14 juillet au déjeuner, une hôtesse (vous savez, l’hôtesse chargée de vous mettre un GO à chaque table…) va nous placer à une table où est déjà installée une famille de 5 personnes, les parents et 3 enfants, des ados plus ou moins de mon âge. Déjeuner, présentations réciproques, échanges sympas, on finit au bar et on ne se quitte plus ! C’était cela aussi le miracle du Club, les rencontres improbables, les amitiés qui naissent, aujourd’hui on dirait la mixité sociale (j’ai horreur de cette expression)…Cette famille rencontrée au cours de ce déjeuner il y a aujourd’hui 51 ans, ma mère va voyager avec les parents pendant 20 ans, le contact avec les enfants est toujours d’actualité pour moi et je suis le parrain d’un de leurs enfants…Ma mère, décédée il y a 3 ans à l’âge de 103 ans, me parlait toujours de cette journée qu’elle n’avait jamais oubliée !

Et pour terminer ces souvenirs de Corse, cette île magnifique dont certains habitants plus tard joueront de la bombe contre le Club, je trouve le moyen de me casser la gueule au tremplin de ski et de me fêler la malléole du pied droit. Direction Porto Vecchio, hôpital et plâtre…ma seule sortie du village pendant ces vacances ! 

 

Vous avez déjà marché dans le sable avec des béquilles ? Aïe, aïe, ça je ne suis pas prêt de l’oublier…

 

 

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