GM à Sveti Marko – Eté 1967

1967 – Sveti Marko

Récit de Didier Jung. 

1967 l’année la plus importante de ma vie d’ado ! Rentrés de nos vacances à Sveti Marko, j’intègre sur concours Sciences Pô Paris en octobre 1966. La suite sera catastrophique, trop jeune, immature, amoureux, je ne pense qu’aux prochaines vacances au Club et pas du tout aux cours d’économie politique de Monsieur Raymond Barre !

Le clan des amis GM de Sveti Marko se réunit à Paris pendant l’hiver et on apprend avant même la parution du Trident que Gilbert Héron retourne encore à Sveti Marko pour l’été 67. Mon père, vu mes résultats universitaires, n’est pas très chaud pour m’offrir des vacances Club (Il me voyait déjà à l’ENA…Ouf je l’ai échappé bel !). Ma mère, qui a des moyens de pression que j’ignorais à l’époque, obtient gain de cause…Inscription 3 semaines en juillet à Sveti. Je suis content et en plus les parents de mon copain étant amis avec maman, on va tous se retrouver dans « notre » village ! Bon vous avez compris, entre Véronique et Charles, j’ai choisi. Il va bien falloir sortir du placard un jour…

Début juillet 1967, arrivée au village, l’équipe GO a un peu changé, Gilbert Héron égal à lui-même est content de revoir notre groupe de fadas, le village n’a pas changé, notre île est bien verte avec ses cases étagées sur une petite colline. Direction le ponton de ski…Chic il y a une nouveauté cette année, le cerf-volant. Accroché au cerf-volant, skis de saut aux pieds, le bateau vous sort de l’eau et vous vous envolez à une hauteur de 10-15 mètres, vue imprenable sur le village ! Je m’essaie avec succès à cet exercice, c’est génial, jusqu’au jour où mon cerf-volant décroche et j’effectue une belle chute amortie heureusement par l’engin, mais belle frayeur ! Je pense que mes ennuis vertébraux actuels ne sont pas étrangers au tremplin et au cerf-volant de ma jeunesse…mais pas de regrets, c’était trop bon.

Les vacances touchaient à leur fin, et c’est alors que le ciel m’est tombé sur la tête ! En plus du ski nautique, je faisais de la voile avec le dériveur 420 que le Club mettait à disposition à l’époque. J’étais devenu copain avec le responsable de la voile, Delphin, et sans le savoir celui-ci m’observait. Gilbert Héron vient me voir et me dit : « il nous manque un GO voile, veux-tu rester au pair jusqu’à fin août, et si tu veux ta maman peut rester avec toi gratuitement »

A 18 ans et demi mon rêve va se réaliser…maman ? Elle accepte, trop heureuse de rester au Club. Me voilà GO voile au pair, Delphin vérifie mes connaissances car on me confie les débutants, cours à sec d’abord, puis sur une Caravelle, le bateau école de la voile. Et là je vais découvrir la vraie vie des GOs, les arrivées, les départs, les valises, certes on me ménage un peu, mais il faut assurer les cours de voile matin et après-midi, trouver le temps de faire quand même un tour de ski et participer à la vie du village.
Ma récompense suprême, la première présentation GO avec paréo, j’ai les yeux qui brillent, merde, Gilbert a oublié mon prénom ! Du coup je suis au départ de tous mes amis, de mon copain, pas le temps d’être triste, les nouveaux arrivent…J’ai trouvé ma voie, je serai GO ! C’est le paternel qui va être content !

Les semaines passent, nous sommes mi-août et je craque. Je suis crevé car j’ai voulu continuer le ski tout en faisant les cours de voile. Le village est plein, on tourne à plein régime et je me rends compte que la vie de GO n’est pas aussi simple ! Gilbert le comprend très bien, maman est soulagée, cette expérience me servira plus tard.
Départ sur Paris, c’est bizarre mon père n’a pas réagi, ma mère ne dit rien.

Maman où ira-t-on en 1968 ?

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