GM à Zinal – Hiver 1990/91

1991 – Zinal

Mon récit. 

Nous sommes à l’automne 1990, je travaille depuis quelques mois comme salarié dans une petite S.A.R.L. spécialisée dans la maintenance de gros systèmes informatiques et de systèmes de communication télex. Avec mes premières paies, je songe à prendre quelques vacances en célibataire, c’est-à-dire hors du cocon familial.
J’essaie de me documenter pour trouver une destination.  J’avais déjà une petite idée : partir à la montagne mais où et comment ?. 
En 1990 point d’Internet dans les foyers, pas de réseaux sociaux, mes parents ne disposaient pas du Minitel.   J’habite à proximité immédiate de Paris. C’est plus facile pour se documenter « papier » auprès des maisons de régions implantées sur Paris, le salon du tourisme à la porte de Versailles,  et  quelques T.O. comme FRAM.

Ma mère me conseille d’aller voir aussi du coté du Club Méditerranée. Elle a été GM durant l’été 1962 à Céfalù et en garde d’excellents souvenirs. De plus, lorsque j’étais enfant, et que nous passions devant la grande agence du Club Méditerranée située sur l’avenue des Champs Elysées, nous rentrions piquer un catalogue que nous regardions ensuite pour rêver sur les photos : Bora bora, Château Royal, Paradise Island….

Une fois le catalogue de l’hiver 1990/91 en ma possession, je l’ai feuilleté pour repérer un village ski, et il y a avait du choix. La France, l’Italie, la Suisse, avec des noms de villages inconnus pour moi à l’époque : Leysin, Engelberg, Super Bagnères,  Sestriere,  l’Alpe d’Huez,  Avoriaz,  …. avec pour chacun un nombre de tridents (2 tridents, 3 ou 4 tridents)

Je fais ma petite sélection parmi les villages qui  correspondaient à mon budget et mon envie.  Je ne recherche pas une grande station mais quelque chose de plus authentique, plus naturel avec pourquoi pas un peu de ski de fond. C’est sympa le ski de fond, j’en avais fait un peu lors de mes classes de neige à Chamrousse quand j’étais gamin !
La suisse m’attire. Engelberg, Zinal, Villars font partie de la liste.

Un samedi d’Octobre 1990, je me rend à l’agence située au 17 Place de la Bourse à Paris. L’agence est située au rez-de-chaussée de l’immeuble du Club Méditerranée.  Devant la fille qui me reçoit au comptoir (j’ignorais encore le jargon pour savoir que c’était une GO), j’égrène ma sélection. Engelberg, c’est complet, … désolé c’est complet, mais Zinal ne l’était pas pour la période que j’ai choisi : Janvier 1991.

Mais c’est ou Zinal au fait ?. Il y avait, Rue Royale à 2 pas de la Madeleine, la maison/restaurant du Valais. Je pouvais avoir ici quelques prospectus sur le Valais et Zinal.

2 semaines avant le départ, je reçois ma convocation (le voucher comme on dit) qui me donne les détails du voyage et du séjour. ….Rendez-vous samedi soir à Paris Gare de Bercy, transport train spécial Club Méditerranée, … arrivée le lendemain matin à Sierre, … transfert en car jusqu’a notre village de Zinal….
Le soir du départ, je me présente à la gare de Paris-Bercy avec mon gros sac. Quelques Gos sont là avec une convoyeuse pour m’orienter, prendre ma valise,  et me donner mon billet. Le train de 6 ou 7 voitures couchettes est rangé à quai, exclusivement réservé pour le Club Méditerranée, avec un village minimum par wagon.
Avant de prendre place dans le wagon marqué Zinal, je discute un peu avec un cheminot. Il m’informe avoir connu la période ou des wagons « discothèque » existaient dans les trains spéciaux du Club Méditerranée.

L’heure du départ arrive. Je monte dans le wagon « Zinal » et je m’installe dans le compartiment marqué sur le billet. Je partage le compartiment avec 5 autres GM. La GO convoyeuse passe pour savoir si tout est OK et nous souhaite une bonne nuit ainsi qu’un  bon voyage.

Le train démarre. Ma vie de GM commence !

Le lendemain matin, après une nuit de train jusqu’à Sierre et 1 heure de car, j’arrive à Zinal. Les GOs sont à la descente du car et forment une haie d’honneur en  accompagnant  les petits nouveaux jusqu’au cocktail de bienvenue.

Je récupère les clefs de ma chambre. Celle ci se trouve dans l’aile ancienne au 2ème étage du bâtiment. C’est une chambre d’angle, au pied de laquelle viennent atterrir les parapentistes qui s’élancent de Sorebois. Plutôt sympa comme vue.
Je l’occupe seul; j’avais payé un supplément lors de  l’inscription voulant éviter de la partager.

La première matinée est bien occupée. Réunion d’information où le chef de village, Patrice Pruel, explique l’organisation et le fonctionnement du village, les principaux horaires, le fonctionnement de la caisse avec la petite carte blanche, le ski room…..

Premier déjeuner au restaurant du village.

La salle de restaurant se situe au premier étage et me parait assez spacieuse. A l’entrée du restaurant sont présentes 2 ou 3 hôtesses. L’une d’entre elle m’accompagne jusqu’à une table. Etant seul, ne connaissant personne, je suis placé à une table pour boucher un trou.  Le midi, ce sont des buffets et quels buffets !!! Restons raisonnables me dis je !.

L’après midi après une sieste réparatrice (je dors mal en train), je sors un peu de l’hôtel et me promène aux alentours. Que c’est beau, et silencieux. En plus, il y a dans cette petite station un aspect bout du monde qui me plait assez.  

Après le repas du soir servi à table, vient l’heure du spectacle donné dans  le théâtre situé près du bar.  Un Welcome show avec présentation de l’équipe GO  par le chef de village, suivi des signes démentiels. Je regarde les habitués faire. Je m’agiterai les jours prochains sur la Bonne Franquette. 

Le lendemain matin, je suis réveillé de bon heure. Ma chambre étant en bout de couloir, c’est la première a être faite à 8 heures tapantes. Poliment, j’indique à la femme de ménage  qui ne semble pas maîtriser le français de repasser quelques minutes après.  

il est 10 heures du matin, il fait -12 dehors. L’heure de mon premier cours de ski de fond arrive. Je descends avec le groupe de débutants prés de la piste de fond. Une fois sur les skis, la séquence catastrophe débute. Chutes sur chutes, je suis stressé et ne sais pas tenir debout. Un des 2 moniteurs me prendra  à part du groupe au cours du séjour afin que je puisse progresser… en vain; la peur de tomber l’emporte.  Moi et le sens de l’équilibre, cela fait 2  (et c’est toujours le cas aujourd’hui).     
Ayant  renoncé après 3 jours au ski de fond, je me suis mis à me balader à proximité de la boucle de fond de Zinal, à me rendre à la piscine située dans l’hôtel voisin du Club jusqu’à la fin du séjour. 

Le soir, après le restaurant, j’assiste au spectacle suivi des signes démentiels qui rentrent progressivement. 

Je quitte Zinal le Samedi soir en emportant un problème musculaire qui s’est réveillé derrière le mollet. Je le dois à une mauvaise chute à ski durant les premiers jours.   Cela m’a coûté 3 semaines de kiné à Paris.

   

Vais je retourner au Club Méditerranée pour l’été qui suit ?.  Je ne sais pas encore. Cette première expérience ne m’a pas emballé.

 

       

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*